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Lettre de l'officier de santé Pelletan aux gardiens du Temple (s.d.), A.N., BB 30 964
Document conservé au Centre Historique des Archives Nationales

Lettre de Pelletan aux gardiens du Temple

  « Philippe Pelletan ne tourne pas plusieurs fois sa plume dans l'encrier : "Citoyens, l'état du malade ne peut pas être rendu plus grave par les circonstances que vous me détaillez, et la nuit n'étant un temps favorable pour l'application d'aucune espèce de remède, je crois que vous devez vous en tenir à faire prendre au malade un demi-gros de diascordium (antalgique à base d'opium, dangereux mais efficace). Quoique je sois extrêmement fatigué de mes travaux du jour et qu'il soit onze heures du soir (première mention du fait) je me transporterais sur-le-champ auprès de l'enfant si je croyais pouvoir lui être de la moindre utilité." Il ajoute qu'il viendra le lendemain matin avec Jean-Baptiste Dumangin, médecin (petit médecin) de l'hôpital (petit hôpital) de l'Unité, et recommande, "en attendant cette visite, de faire prendre au malade son "eau blanche" et ce soir le demi-gros de diascordium. Ce 19 prairial, onze heures du soir (seconde mention, exaspérée), Salut et fraternité ".
Après une lettre comme celle-là, Lasne ne fait pas le fier. Il envoie le cavalier de la garnison réveiller un apothicaire pour obtenir le diascordium, administre le remède (non sans peine, d'ailleurs ! quelle comédie maintenant pour la moindre cuillerée !), puis quand le petit, assommé par l'opium, s'est endormi, il redescend ; puisque le médecin assure que l'état du malade ne s'est pas aggravé... »

La Chambre, page 255