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Le banquet des gardes du corps

Le banquet des
gardes du corps à Versailles, 3 octobre 1789
Coll. part.
« Déjà il faisait nuit quand
sa mère, à l'heure du coucher, l'avait posé
sur la scène d'un théâtre où l'on donnait
un banquet : il avait dû marcher, tout seul, tout petit,
sur la nappe blanche, contournant tant bien que mal les bouteilles,
les assiettes, les chandeliers, tandis que, de chaque côté,
des hommes en uniforme levaient leurs verres et leurs sabres, soulevaient
leur chapeau, le jetaient en l'air, puis lançaient des cocardes
blanches à la salle sous les vivats des loges, dont les cris
s'enflaient au-delà des colonnades bleues et des lustres
dorés ; autour de lui tout brillait, applaudissait,
chantait, mais la nappe continuait d'avancer sous ses pieds, tachée
de rouge maintenant par les verres qu'il renversait, traversée
de traînée de sang, chemin de neige solitaire et sans
but... »
La Chambre, page 153
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