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La famille de cochons

La famille des
cochons ramenée dans l'étable
(retour de la famille royale de Varennes)
«
un jour, Antoine a dit : "Tu
sais ce qu'on y a fait, à ton père, le gros cochon
? On y a taillé des jambons dans le lard !"
L'enfant essaie de revoir le visage, la forme, l'ombre
de son père ; il ne retrouve plus la couleur de ses yeux,
mais, pour ce qui est de la silhouette, il lui semble, en effet,
qu'il était un peu gros sous sa veste
Il se demande
si l'on a très mal quand on vous "taille des jambons
dans le lard". Il se palpe le ventre. Est-ce qu'on meurt tout
de suite ? Et qui les mange, ces jambons-là ? »
La Chambre, page 32
« Hier ou avant-hier quelqu'un l'a grondé,
parce que la blanchisseuse était passée et que le
"deuxième étage" n'avait pas fourni son
paquet de linge habituel : "Ah, petit cochon, t'es bien
le fils au gros Cochon ! Quand c'est que tu changes de chemise,
mon goret ?" »
La Chambre, page 43
« Au commencement, le père du petit était
aussi le père de la Nation, le "bon père".
En théorie seulement, puisque ce père-là s'est
vite révélé impuissant. Incapable de bien baiser
sa femme et de châtier ses sujets, "ses grands fils".
Un cochon-coupé, comme ils disaient
" »
La Chambre, page 224
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