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Les massacres de septembre


Le massacre des Carmes, le 2 septembre 1792
Cliché Archives Gallimard

  « Au fait, l'avait-il vraiment vue, cette femme massacrée qu'on promenait sous leurs fenêtres ? Ces intestins au bout d'un "taille-cime", ce mannequin éventré, décapité, ces bras ballants, bras ouverts, prêts à se refermer sur un corps de vivant, petit corps d'enfant, et à l'entraîner dans sa danse, danse obscène, de femme nue écartelée, éviscérée, débondée d'en haut, déballée d'en bas, ouverte de partout… »

La Chambre, page 28

  « Est-ce que vous connaissez Bernier ? demande un gros rougeaud. Bernier, le limonadier de la section de l'Homme-Armé ? Eh ben, ce qu'il aime le mieux, Bernier, c'est manier la pique. Paraît qu'il en a fait de belles y a deux ans quand on a "élargi" les prisons ! Ces beaux messieurs de la peau-fine, il les faisait pas languir ! Tous les détenus, zou, à la pique ! »

La Chambre, page 52

  « Tiens, le mois passé, je me suis trouvé de garde avec un gars de la section de l'Unité, "Tape-Dru". De son vrai nom Debêche Jean. Joaillier rue de Buci. Eh ben, la joaillerie, ça l'a pas ramolli ! Toujours prêt à se retrousser les manches ! Il a tellement abattu de besogne à la prison de l'Abbaye qu'il a laissé la lame de son sabre dans le ventre d'un prisonnier ! »

La Chambre, page 53