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L'enfant du Temple, par Joseph-Marie Vien
le fils (1762-1848)
Musée Carnavalet
© Photothèque des Musées
de la ville de Paris |
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L'enfant du Temple
« David, que veniez-vous chercher
chez l'enfant ? Que veniez-vous lui voler ?
Son âge, son visage, et sa souffrance.
Pour mon Viala. Si je veux être tout à fait sincère,
j'ajouterai une seconde raison : le fils de mon vieux maître
Joseph Vien, un homme que j'aimais comme un père, avait obtenu
l'autorisation de peindre le roitelet depuis qu'il était
gardé par les Simon. Passe-droit de "fils à papa"...
En voyant ce portrait, j'ai trouvé que mon jeune confrère,
tout fils de maître qu'il était, manquait de patte :
les proportions du corps étaient si maladroites, l'attitude
tellement figée, que j'ai voulu juger par moi-même
de la fidélité des traits. Un artiste véritable
se doit de surveiller la concurrence, de jauger ses cadets, de savoir
à chaque instant s'il surpasse ou s'il est surpassé...
Dans ce cas je ne doutais pas d'être pleinement rassuré,
mais j'ai été déçu : Vien fils
m'a semblé moins mauvais que je ne l'espérais !
Pour le visage, finalement, son tableau m'a presque persuadé.
Certes, les cheveux de l'otage n'étaient pas aussi roux qu'il
les avait faits, mais l'expression, ce regard rapide, inquiet, cette
bouche triste, serrée, cette façon surtout d'avoir
l'air sur le départ, et déjà de profil tout
en restant de face, oui, cette expression m'a paru mieux rendue
que je n'aurais souhaité... »
La Chambre, page 181
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