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   « Attention, chef-d'oeuvre. À aucun prix il ne faut manquer le nouveau roman de Françoise Chandernagor. Il sort le 2 octobre, mais notez-le tout de suite : lire La chambre. C'est son titre. Une énigme qui permet d'imposer le sujet du livre dans toute sa brutalité : comment, dans un pays qui prétendait à la démocratie, on a pu faire une cause nationale de la mise au secret d'un otage de huit ans [...] Terrible ! Il faut le voir pour le croire, et grâce au talent de la romancière, Dieu sait qu'on voit ! [...] Où sommes-nous ? Au goulag, dans un camp de la mort ? Non, à Paris, en 1794. Devinez qui est cet enfant qu'on appelle le P'tit Colas. En racontant son sacrifice à partir de cette chambre, Françoise Chandernagor passionne son lecteur de bout en bout. Et plaide formidablement pour les droits de l'homme. Quelle virtuose ! »

                                          Témoignage chrétien (26 septembre 2002)


  « Avec l'intelligence et la conscience professionnelle qu'on lui connaît, Françoise Chandernagor nous rend captifs. De son talent. [...] Mais aussi quelle sensibilité ! C'est avec des accents maternels que cette mère de trois fils dit son amour pour le petit martyr. Parmi les passages les plus émouvants, celui où, voulant réciter sa prière, il hésite entre le Pater noster et La Cigale et la fourmi. Et celui où il n'a pour se distraire que le givre, qu'il fait fondre en soufflant sur une vitre. Mais il y a tant de moments bouleversants qu'on s'en veut, vraiment, d'avoir tant attendu pour verser les larmes méritées par la longue et immense douleur de "l'enfant interdit". »

                                                Jean-Pierre Tison - Lire (octobre 2002)

  
  « Cette histoire pourrait être celle de n'importe quel gamin maltraité sous n'importe quel totalitarisme. C'est du mal en général, qui broie des enfants et fait de nous à la fois des bourreaux et des victimes, qu'il est question ici [...] Françoise Chandernagor a beaucoup travaillé, beaucoup lu, épluché les archives, consulté des médecins, des historiens, pour l'aider à déduire, lorsqu'elle l'ignorait, ce qui s'était le plus probablement passé. Pour le reste, elle a donc imaginé, habité le monde intérieur de cet enfant, mais jamais de manière gratuite et toujours avec une bouleversante sensibilité. »  

                                        Olivier Le Naire - L'Express (3 octobre 2002)

  
   « On croyait que tout avait été raconté sur Louis XVII. C'était compter sans Françoise Chandernagor et le don qu'elle a de transformer en roman la grande histoire, même la plus noire. [...] Ce livre était un défi. C'est peu de dire qu'il a été brillamment relevé. Françoise Chandernagor a reçu le don de faire vivre son lecteur, et ici jusqu'à l'asphyxie, dans le morne enfermement de la chambre-tombeau, l'épaisseur d'un temps privé de calendrier, l'agonie lente du délaissement. Elle a même le toupet de convoquer à la barre les gardes, serruriers, plâtriers, coiffeurs et de leur demander des comptes, au risque de perdre, dans ce prétoire pédagogique, son vrai sujet, la silencieuse glissade d'un enfant vers la mort. Mais de cette difficulté, qui serait fatale à tant d'autres, elle se joue avec un bonheur constant. » 

                          Mona Ozouf - Le Nouvel Observateur (3 octobre 2002)


  « L'enquête minutieuse de Françoise Chandernagor raconte, implacable, l'horreur au quotidien. Déchirant. Terrible [...] Je ne veux surtout pas donner dans le pathos à propos d'un livre qui se garde de ce travers comme de la peste. C'est simplement le spectacle d'un pays qui bafoue en catimini toutes les valeurs dont il se réclame. On comprend pourquoi Michelet et tous nos autres grands historiens ont préféré sauter cette page de la Révolution. Et on comprend pourquoi Françoise Chandernagor retient sa plume et ne dresse aucun acte d'accusation... »

Gilles Martin-Chauffier - Paris Match (3 octobre 2002)

  « Françoise Chandernagor [...] marque cette rentrée en publiant un roman très fort : La chambre. [...] Tout débute par l'enfermement d'un enfant dans un pays qu'on suppose totalitaire. La Terreur se profile seulement peu à peu. L'historienne et la romancière nous entraîne au coeur d'une tragédie humaine. [...] C'est le roman d'un rejet, d'une claustration, d'une mise en quarantaine. L'enfant rappelle un monde englouti que ses tortionnaires veulent oublier, définitivement. L'enfant est écrasé, broyé par les évènements. Il est au coeur d'une histoire qui n'a pas de commencement. Il est le héros d'un roman tout simplement magnifique, d'une oeuvre littéraire totalement accomplie. »

Robert Guinot - La Montagne (4 octobre 2002)


  « Sur le pauvre Louis XVII, mort à la prison du Temple à l'âge de dix ans, Françoise Chandernagor a lu toutes les archives, toutes les dépositions, tous les procès-verbaux, tous les témoignages [...] pour raconter au plus près de la réalité ce que fut le calvaire d'un enfant que sa naissance avait rendu coupable et indigne. [...] Elle se fait l'implacable huissier de la cruauté et, surtout, de la bétise. [...] Les dialogues, particulièrement bien enlevés, ironiques, mordants, permettent aux lecteurs de s'échapper de temps à autre de la chambre infecte à laquelle l'écrivain nous ramène inlassablement. [...] Mais l'incontestable réussite de ce livre ambitieux et exigeant tient justement en ce qu'il nous pousse nous aussi dans la chambre pour nous faire partager la solitude muette et hagarde de l'enfant. [...] Voici un roman austère et puissant. »

Bernard Pivot - Le Journal du Dimanche (6 octobre 2002)


  « La Chambre est simplement un grand roman. Claustrophobe, tragique, déchirant. Moderne. Une histoire racontée à l'envers de l'Histoire, à rebours de tout ce qui s'est écrit [sur] l'enfant du Temple. [...] Chandernagor contourne [les écueils] avec des partis pris audacieux. Dans La Chambre, on ne trouve jamais les mots "révolution", "roi", "monarchie", "Varennes", "guillotine"... façon de donner à cette histoire individuelle la dimension d'une fable universelle sur le totalitarisme et sur la banalité du mal. Ignorant tout l'apparat exotique du roman historique, la romancière cherche à comprendre. Ce qui a pu se passer dans la tête de cet enfant si peu armé pour jouer les otages. [...] Comprendre aussi comment on a pu en arriver là. [...]  [Tout cela fait de] La Chambre un livre d'une grande sensibilité sur l'intime, la douleur, les odeurs, l'Histoire côté coulisses. »

Olivia de Lamberterie - Elle (7 octobre 2002)

   « C'est l'histoire d'un enfant qui va mourir. C'est aussi — ironie des mots — le mystère de la chambre jaune : qui est le petit garçon enfermé, muré, néantisé ici entre ciel et terre, haine et pitié ? [...] Pari et défi de la romancière [...] Son travail [...] a consisté, cette chambre, à en fracturer les défenses. Pour la connaître à l'inventer. À trouver le sens de l'allégorie, à commenter tous ces silences. Interprétations emboîtées l'une dans l'autre, zoom, mise en abîme. [...] Après avoir lu La Chambre, on a envie de dire : "Dieu n'est peut-être pas Dieu, mais Mme Chandernagor est sans nul doute romancière." Elle vit son roman et l'écrit dans un second état : elle est "en roman", en transe, en transit entre l'impossibilité et l'urgence de céder à ce qu'Aragon appelait "la volonté de roman". Laquelle donne le droit de tout oser. Inventer, et même de se faufiler dans cette chambre qui a existé et n'existe pas, qui fut et n'est plus et se recompose dans l'espace romanesque. La "volonté
de roman" consiste à créer du vrai-faux, et à y donner vie à l'enfant le plus célèbre de notre Histoire — qui est aussi un petit inconnu, un oublié, un enfant nié, effacé, à qui l'on vole même sa mort. »

François Nourissier - Le Figaro Magazine (12 octobre 2002)

   
   «... L'auteur de L'Allée du Roi a écrit un beau, complexe et déroutant récit. Si tout est vrai ici [...] rien n'est dit explicitement. La grande Histoire ne figure qu'en toile de fond, comme un décor de théâtre. Certains mots sont même bannis : le roi, la Révolution, la Convention, la guillotine. [...] C'est à travers [un] symbole, l'histoire bouleversante de tous les enfants martyrs, séquestrés, maltraités. C'est l'universalité de l'odieux. [...] Françoise Chandernagor ne s'attendrit pas, elle est en colère, et cette colère donne à son roman-vrai un souffle exceptionnel. Louis XVII était une énigme, c'est maintenant une réalité. Par la grâce de la littérature. »

Jérome Garcin - La Provence (13 octobre 2002)

   
   « Françoise Chandernagor nous émeut jusqu'aux larmes en même temps qu'elle réveille notre colère et notre conscience de citoyens. Nous sommes ici dans un récit tout à fait particulier, entre grande Histoire et fait divers ; atroce, certes, puisque la séquestration et la maltraitance d'un enfant de huit ans ne peut laisser indifférent. [...] Un pari littéraire (plus que réussi, répétons-le) ? C'est décidément un très beau livre que Françoise Chandernagor [...] nous donne ici, un livre tous publics susceptible de raviver notre curiosité sur un sujet tabou, la Terreur. »

Martine Freneuil - Le Quotidien du médecin (15 octobre 2002)


   « La Chambre. Elle nous procure le plaisir d'un des romans à lire en ce moment, pour communier à un "fait divers" et louer l'auteur d'être à ce point superbe par son écriture, par la densité de la fiction classique et originale, par la psychologie d'un enfant aux prises avec l'absurdité. [...] Roman de femme, roman d'épouse, roman de mère par-dessus tout, un des plus beaux d'une romancière qui avait su auparavant, mais pas aussi vraiment, prouver ses qualités quand elle traite de la famille, du sort fait à un enfant des Lumières et de l'Ancien Régime, de la très forte exigence envers un pourquoi, envers la mise en demeure de la vie et de la mort. [...] Il y a une origine au mal [...] il y a un commencement à l'injustice [...] forte de sa documentation d'historienne, une femme la redécouvre. »

Lucien Guissard - La Croix (17 octobre 2002)


    « À l'origine, la signature d'un bureaucrate, une réduction de crédits. C'est profane et budgétaire ! Un enfant prisonnier [...] se trouve soudain muré dans une chambre qu'il est plus économique de chauffer ainsi. [...] L'identité du captif nous est celée pendant plusieurs pages. Même l'époque n'est pas immédiatement identifiable. L'Organisation règne et décrète. Cette chambre noire, Françoise Chandernagor veut en faire un symbole universel de toutes les prisons totalitaires... [...] Voire plus : l'image de notre planète privée de vraie lumière et de transcendance. Oui, Beckett et Pascal sans la grâce. [...] Françoise Chandernagor n'a pas écrit un roman historique rocambolesque. Une nouvelle énigme du Masque de fer. [...] Plus dépouillée, plus âpre. Plus vertigineuse aussi. La Chambre offre deux aspects : l'un, métaphysique, interroge l'abîme, l'autre, documentaire, aligne consignes et paperasses. Kafkaïen ! Enquête sur un crime sans bourreaux assignables. La romancière instruit et hallucine un procès où les témoins et les accusés dénient toute responsabilité. Personne, pour un enfant qu'on efface. Françoise Chandernagor est la pasionaria d'un fantôme. »

Patrick Grainville - Le Figaro littéraire (17 octobre 2002)


   « Avec une science consommée, Françoise Chandernagor sait, nécromant autant que romancière, évoquer l'ombre de l'enfant des ténèbres. En ayant garde de ne jamais employer les mots et les tours   — "Révolution", "Convention" ou "guillotine" — qui auraient substitué une rhétorique admise là où elle veut ne faire entendre que l'insupportable indifférence face à l'assassinat insidieux d'une vie qui n'a pas même commencée. Rejetant la grammaire du roman historique, [...] interpellant les ombres qui frôlèrent le petit reclus, l'écrivain n'évoque le martyre de Louis XVII qu'à travers le filtre de sa mémoire brumeuse. [...] Une gageure stupéfiante, dira-t-on ? Certes, mais, par la sûreté d'une écriture qui ne se relâche jamais, l'écrivain parvient à rendre l'épaisseur historique d'un sacrifice injustifiable sans jamais plaider autrement que par le style. »

Philippe-Jean Catinchi - Le Monde des livres (18 octobre 2002)

   
Et en marge du roman :

« Mon ancêtre esclave » par Françoise Chandernagor
  Article paru dans L'Histoire, n° 280, octobre 2003
  « Ma famille s'est transmis des objets, notamment un livre de cuisine, appartenant au premier Chandernagor, prénommé Charles-François, qui vécut dans la deuxième moitié du XVIIIe siècle... »
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La Chambre, de Françoise Chandernagor. Coll. Blanche, Gallimard, 2002

La Chambre, de Françoise Chandernagor. Coll. Folio, Gallimard, 2004

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